Temple Zenkoji : Origine et Histoire du Temple Sacré (De 642 à 1868)
Dans le quartier sacré de Nagano, une porte en bois massive marque l’entrée d’un lieu extraordinaire. Le Temple Zenkoji accueille des visiteurs depuis plus de 1 300 ans. Ce qui le rend plus ancien que beaucoup de cathédrales européennes et qui en fait l’un des lieux de pèlerinage les plus anciens du Japon. Ce qui la distingue, ce n’est pas seulement son ancienneté. C’est l’idée radicale qui la guide encore aujourd’hui : tout le monde a sa place ici. Découvrez l’origine et l’histoire du Temple Zenkoji.

Représentation de la construction du Temple Zenkoji (photo: “Zenkoji Road Famous Places” de Toshitada Toyota)
La plupart des temples japonais appartiennent à des sectes bouddhistes spécifiques, limitant souvent l’accès en fonction du sexe, de la classe sociale ou de l’appartenance religieuse. Zenkoji a brisé cet aspect dès le début. Le temple a mis en place l’idée d’une porte ouverte à tous. Ce qui a alors attiré les pèlerins en provenance de tout le pays. Encore aujourd’hui, vous verrez cet esprit d’ouverture à l’œuvre. Les hommes d’affaires en costume s’inclinent aux côtés d’agriculteurs âgés et de jeunes familles.
642 : Les débuts sacrés
Les écrits historiques situent la fondation de Zenkoji en 642 de notre ère. Le temple a alors été établi pour abriter ce qui pourrait être la plus ancienne statue bouddhiste du Japon, une image dorée du Bouddha Amida. Elle aurait été apportée de la péninsule coréenne sous le règne de l’impératrice Suiko. Cette statue, connue sous le nom de « hibutsu » (Bouddha caché), reste cachée à la vue du public, considérée comme trop sacrée pour les yeux humains. Seul son « maedachi honzon », une réplique de l’époque Heian, est visible. Mais uniquement tous les sept ans lors de la grande cérémonie du gokaicho. Ce célèbre festival attire des centaines de milliers de pèlerins pour assister à cette révélation rare.

Représentation de Yoshimitsu Honda voyant Nyorai s’élever d’un canal à Osaka.(source: “Zenkoji Kaido Meisho-zue” livre d’images de lieux célèbres le long de la route de Zenkoji – Toshitada Toyota)
L’ère Heian (794-1185) : les graines de l’inclusivité
Pendant la période Heian, alors que le bouddhisme aristocratique s’épanouissait à Kyoto, le Temple Zenkoji établissait déjà son caractère distinctif. Contrairement aux temples liés à des sectes ou à des classes sociales spécifiques, Zenkoji accueillait tous les croyants : hommes et femmes, nobles et roturiers, adeptes de différentes écoles bouddhistes. Cette inclusivité radicale l’a rendu unique parmi les institutions religieuses du Japon. Il a alors commencé à attirer des pèlerins de provinces éloignées qui se sont retrouvés exclus ailleurs.

En pèlerinage à Dewa Sanzan, trois montagnes sacrées de la préfecture de Yamagata. (photo: Ville de Shinjo, Préfecture de Yamagata)
De Kamakura à Muromachi (1185-1573) : le pèlerinage se solidifie
La période médiévale a vu Zenkoji émerger comme l’une des principales destinations de pèlerinage du Japon. Les guerriers qui partaient au combat, les marchands qui parcouraient les routes commerciales et les familles d’agriculteurs qui économisaient pendant des années pour faire le voyage ont tous trouvé leur chemin vers Nagano. La promesse du salut du temple pour tous les croyants, quelle que soit leur capacité à accomplir des rituels complexes ou à faire des offrandes coûteuses, a résonné puissamment à une époque de bouleversements sociaux et d’incertitude.

Voyage sur la Zenkoji Kaido à l’époque d’Edo ; en passant par Tanbajima-juku, non loin du temple Zenkoji. (photo avec l’aimable autorisation de ‘Shinshu Regional Historical Materials Archive’)
L’ère Sengoku (1467-1615) : un temple dans la tourmente
L’ère des guerres civiles a mis à l’épreuve l’endurance de Zenkoji comme aucune autre période. En 1553, le puissant seigneur de guerre Takeda Shingen a déplacé les trésors du temple dans son domaine de la province de Kai (aujourd’hui Yamanashi) pour les mettre en sécurité. Plus tard, le daimyo rival Uesugi Kenshin déplaça le temple lui-même dans la province d’Echigo (Niigata), où il resta pendant plusieurs années. Ces migrations forcées, bien que perturbatrices, ont paradoxalement répandu la réputation de Zenkoji à travers le Japon. En effet, ces différentes régions ont pu faire l’expérience directe de sa présence sacrée.

Lune sur les rizières d’Obasute, 13 spécialités vues depuis le temple Chorakuji, depuis le “Zenkoji-do Meisho-zue”
Epoque Edo (1603-1868) : l’âge d’or du pèlerinage
La période Tokugawa a apporté une stabilité et une prospérité sans précédent à Zenkoji. Le magnifique hall principal a été reconstruit en 1707 après un incendie dévastateur. Il est encore aujourd’hui un témoignage de l’artisanat de l’époque d’Edo : sa ligne de toit élancée et sa construction en bois massif se classent parmi les bâtiments en bois les plus impressionnants du Japon.
Au cours de ces siècles, le pèlerinage à Zenkoji est devenu un phénomène culturel. La route d’accès était animée d’auberges, de salons de thé et de boutiques répondant au flux constant de voyageurs. Des guides de pèlerinage ont été publiés, des chansons populaires célébraient le voyage, et des villages entiers organisaient parfois des pèlerinages de groupe, transformant le voyage religieux en une célébration communautaire.

Informations sur Seba-juku, ville étape au début de la Zenkoji Kaido, à partir du “Shokokudochu Shoninkagami” (photo avec l’aimable autorisation de ‘Shinshu Digital Commons’)
Restauration Meiji (1868-1912) : le bouddhisme sous pression
La restauration Meiji a apporté des défis existentiels au bouddhisme japonais. La politique du nouveau gouvernement de « shinbutsu bunri » (séparation du shintoïsme et du bouddhisme) et le bref mais intense mouvement « haibutsu kishaku » (abolir le bouddhisme, détruire Shakyamuni) menaçaient les temples à travers le Japon. Beaucoup ont perdu leurs propriétés foncières, leur patronage et leur statut social.
Zenkoji, cependant, a résisté à ces tempêtes mieux que la plupart. Ses racines profondes dans la foi populaire et sa réputation de temple pour les gens ordinaires l’ont aidé à maintenir sa forte présence dans le pays qui se modernisait rapidement. Le temple s’est adapté aux nouvelles réalités tout en préservant son caractère essentiel, un sanctuaire où la société japonaise en mutation pouvait encore trouver un réconfort spirituel.

Une scène de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon ; des voyageurs sur le point d’embarquer pour un voyage à Zenkoji, dans un wagon loué par les chemins de fer nationaux japonais. (photo avec l’aimable autorisation de ‘Nippon Travel Agency Co., Ltd.’)
Un héritage vivant
Aujourd’hui, plus de treize siècles après sa fondation, Zenkoji continue d’incarner l’esprit inclusif qui l’a d’abord distingué dans l’ancien Japon. Son histoire éclaire non seulement sur l’histoire et l’origine du Temple Zenkoji. Mais aussi l’évolution du bouddhisme japonais lui-même et la façon dont la foi s’adapte pour survivre tout en maintenant sa promesse essentielle de compassion pour tous les êtres.
À une époque où les institutions religieuses ont souvent du mal à être pertinentes, l’engagement millénaire de Zenkoji en faveur de l’accueil universel offre à la fois un aperçu historique et une inspiration contemporaine. C’est la preuve que les espaces sacrés, lorsqu’ils sont fidèles à leurs valeurs les plus profondes, peuvent résister à toutes les transformations.

Temple Zenkoji : Origine et Histoire du Temple Sacré (De 642 à 1868)
Merci pour votre lecture !
Partie 2
Join us on our pilgrimage to Zenkoji Temple as we walk the ancient Zenkoji Kaido Road

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