L’artiste Yayoi Kusama : Entre Matsumoto, New York et Tokyo

L’artiste Yayoi Kusama est l’une des artistes les plus reconnues mondialement aujourd’hui, connue pour ses œuvres en motif de pois et ses salles de miroirs. Sa vie peut se résumer en trois importants lieux : Matsumoto dans la préfecture de Nagano, où elle est née en 1929 et où elle a passé son enfance. New York, où elle a construit ses débuts dans les années 1950 et 1960. Et Tokyo, où elle vit et travaille depuis les années 1970.

Les années à Matsumoto

Yayoi Kusama est né le 22 mars 1929 à Matsumoto, dans la préfecture de Nagano. Ses parents y tenaient une ferme et elle était l’une des quatre enfants de la famille. Ses parents étaient suffisamment établis pour assurer une stabilité financière à la famille tout au long des années 1930. Elle a grandi autour des serres et des champs de fleurs, et a commencé à dessiner là-bas dès son plus jeune âge.

Kusama a décrit avoir eu des hallucinations dès son plus jeune âge, souvent impliquant des champs de pois en motifs répétitifs qui semblaient se répandre sur toutes les surfaces autour d’elle. Ces visions devinrent la base des motifs qu’elle utilisera pour le reste de sa carrière. Vers l’âge de dix ans, elle faisait déjà des dessins utilisant ces motifs qui deviendront plus tard sa marque de fabrique.

Son intérêt pour l’art rencontra de la résistance à la maison, notamment de la part de sa mère, qui souhaitait qu’elle suive une voie plus conventionnelle. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, sa scolarité fut écourtée par la loi sur la mobilisation nationale. Elle passa alors une partie de son adolescence à travailler dans une usine à coudre des parachutes.

En 1948, elle quitta Matsumoto pour Kyoto afin d’étudier le Nihonga, un style formel de peinture japonaise traditionnelle, à l’École municipale des arts et métiers de Kyoto. Elle trouvait la formation rigide et se frustrait de ces conventions. Au début des années 1950, elle organisait des expositions personnelles à Matsumoto, dont une exposition en 1952 au ‘First Community Centre’ de la ville qui présentait plus d’une centaine d’œuvres.

Les années à New-York

Au milieu des années 1950, alors qu’elle était encore au Japon, Kusama écrivit à la peintre américaine Georgia O’Keeffe, envoyant des exemples de son travail et demandant conseil. O’Keeffe répondit et l’encouragea à venir aux États-Unis. Kusama a quitté le Japon en 1957, se rendant d’abord à Seattle pour une exposition à la ‘Zoë Dusanne Gallery’, et est arrivé à New York en 1958.

Ses premières années en ville furent difficiles. Elle avait peu d’argent, parlait peu anglais et travaillait dans un atelier froid. En environ un an, elle a eu sa première exposition solo à New York, montrant les peintures Infinity Net : de grandes toiles couvertes de bord à bord de petites boucles répétées. Les critiques et autres artistes y répondirent favorablement, et elle devint une figure reconnue de l’art avant-gardiste de la ville.

Dans les années 1960, son art s’étend à la sculpture, au collage, au cinéma et à l’installation, y compris dans les premières salles miroir qui utilisaient la réflexion pour créer l’impression d’un espace infini. Elle a également organisé des performances publiques, dont plusieurs consistaient à peindre des pois sur des participants nus. Elle a aussi organisé des manifestations contre la guerre du Vietnam.

Malgré l’attention, la reconnaissance et les revenus ne suivaient pas systématiquement. Elle vit par ailleurs plusieurs contemporains masculins gagner en renommée pour des œuvres qui faisaient écho à ses propres innovations. Le manque de reconnaissance, les difficultés financières et la mort de l’artiste Joseph Cornell, un ami proche, ont contribué à sa décision de partir. Elle est retournée au Japon en 1973.

Les années à Tokyo

Le retour de l’artiste Yayoi Kusama au Japon fut difficile. Le monde de l’art là-bas l’avait largement oubliée durant ses années à l’étranger, et son travail était souvent accueilli avec peu d’intérêt. Elle était surtout connue au Japon pour ses écrits, qui comprenaient des romans et de la poésie. Durant cette période, sa santé mentale et physique a fortement décliné.

En 1977, elle est entrée à l’hôpital Seiwa, un établissement psychiatrique à Tokyo, et y vit volontairement depuis. Elle a installé un studio à une courte distance et a continué à travailler depuis les deux endroits. Sa production au fil des années a été constante et vaste, couvrant la peinture, la sculpture, les estampes et la fiction.

La reconnaissance plus large revint lentement puis brusquement. En 1993, elle a représenté le Japon à la Biennale de Venise, devenant la première artiste solo féminine à incarner le Japon dans son pavillon national, avec une présentation construite autour d’une salle miroir et de citrouilles à pois. L’exposition a ravivé l’intérêt international pour ses œuvres antérieures et sa carrière.

À partir du milieu des années 2010, ses grandes salles Infinity Mirror attiraient de très larges publics dans des musées du monde entier. Et la citrouille à pois devint l’une des images les plus reconnues de l’art contemporain. Kusama meurt à Tokyo le 14 Août 2026 à l’age de 97 ans.

Les musées de l’artiste Yayoi Kusama à Matsumoto et Tokyo

Deux musées abritent des concentrations d’œuvres de Kusama directement liées à sa vie : le Musée d’Art de la ville de Matsumoto dans sa ville natale, et le Musée Yayoi Kusama à Tokyo, la ville où elle vit et travaille depuis les années 1970.

  • Le Musée Yayoi Kusama à Tokyo a ouvert ses portes en 2017 dans le quartier de Shinjuku, dans un bâtiment entièrement dédié à son œuvre. Elle organise des expositions programmées issues de sa propre collection. L’entrée se fait uniquement avec des billets achetés à l’avance pour des créneaux horaires fixes, avec un nombre limité de visiteurs admis chaque jour.
  • Le Musée d’Art de la ville de Matsumoto a ouvert ses portes en avril 2002. Il possède une collection permanente de Kusama qui s’étend de ses premiers dessins jusqu’aux salles miroirs et installations ponctuées, aux côtés d’expositions temporaires et d’œuvres d’autres artistes liés à la région. L’une de ses grandes sculptures florales se trouve à l’extérieur de l’entrée principale. Le motif à pois de Kusama s’étend aussi sur certaines parties du bâtiment et de ses environs, y compris un bus qui circule dans la ville.

Réservez votre visite du Musée Yayoi Kusama à Matsumoto City

Pour ceux voyageant à Matsumoto, le Musée d’Art de la ville de Matsumoto est le moyen le plus facile de voir les œuvres de l’artiste Yayoi Kusama à l’endroit où tout a commencé. Les motifs pour lesquels elle est aujourd’hui connue internationalement apparaissaient pour la première fois dans des dessins qu’elle avait réalisés enfant en ville, parmi les champs et les serres de sa famille. La collection permanente du musée retrace ce travail de ces premiers dessins jusqu’à ses installations ultérieures, dans la ville où elle est née et a grandi.

La Visite du Château de Matsumoto et de l’exposition Yayoi Kusama organisée par Matsumoto Experience est la meilleure façon d’explorer les points forts et les plus emblématiques de la ville. En visitant à la fois le château et le musée, les visiteurs découvrent une juxtaposition unique : l’héritage durable de l’architecture féodale d’un château historique et les créations contemporaines d’une icône artistique internationale, toutes deux profondément liées à l’histoire de cette ville.

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Sylvain
Sylvain
Welcome-Matsumoto Manager
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